Communications

Un écran ne protège personne !  par CeA le 2019-05-10

Le Vésinet, le 9 mai 2019

   





Madame, Monsieur,


L’APEL comme le Bon Sauveur sont régulièrement alertés ou questionnés quant à l’utilisation des réseaux       sociaux. Vous le savez, les enfants utilisent des groupes de conversation portant le nom de leur classe pour échanger, donner des informations, partager les devoirs etc. Ces groupes sont évidemment utilisés pour parler d’autre sujets que de la vie de la classe.
Toutefois, caché par un écran, certains jeunes prennent une posture dérangeante voire inquiétante. De nombreuses vulgarités sont échangées, des moqueries, des insultes, parfois des menaces.
Voici un florilège des derniers témoignages que nous avons reçus :
« Va faire un régime, bientôt tu passeras plus dans les portes » / « Ta gueule sale pute » / « Fais pas chier, on en a rien à foutre de toi » …
Le Bon Sauveur ne peut en aucun cas intervenir sur l’utilisation de ces réseaux : le nom de la classe ou de l’établissement est certes utilisé mais ne relève pas des activités scolaires. Une sensibilisation est régulièrement faite en classe, des affiches sont apposées à de nombreux endroits dans l’établissement pour sensibiliser les élèves au harcèlement et les adultes du BS sont à l’écoute des élèves mais chacun comprendra que la responsabilité de l’établissement n’est pas de contrôler ce que les élèves écrivent ou disent en dehors des heures de cours.
En tant qu’association de parents, nous nous sentons impuissants même si nous déplorons la souffrance que ces messages peuvent engendrer pour certains de nos jeunes. Beaucoup parlent avec leurs parents de ce qu’ils lisent et nous sommes alertés bien que nous n’ayons pas d’éléments de réponse. Mais combien n’osent pas montrer à leur famille les mots qui les ont blessés ? Les « auteurs » de ces grossièretés oseraient-ils, yeux dans les yeux, dire la même chose à leur camarade ? Il nous parait important de vous faire part de notre inquiétude pour que chaque famille prenne le temps de sensibiliser son enfant à l’utilisation de ces supports de communication. Un écran ne protège que celui qui écrit : un mot écrit n’est pas virtuel ! Il peut meurtrir, mettre en colère, faire de la peine, faire peur.
Ne pensons pas que notre enfant n’est pas concerné. Chaque fois que nous arrivons à identifier un jeune qui s’est laissé aller à de tels propos et que la famille est alertée, le constat est le même : « je ne pensais pas que cela soit possible ». Quant au jeune, il ne réalise que lorsque sa famille le met devant le fait accompli de la gravité de ses écrits : là encore, le constat est toujours le même « je ne le pensais pas » / « je ne voulais pas faire de la peine ».
Nos enfants grandissent avec une technologie à laquelle nous n’avions pas accès mais ils restent des ados, capables de très belles actions … comme de dérapages. Charge à nous, parents, de leur rappeler les règles, pour qu’ensemble nous aidions ces adultes en devenir à vivre leur adolescence sereinement, dans un respect mutuel et sans peur.

Bien à vous,

Cécile Altherr                                                                               Patricia GARNIER
Présidente APEL                                                                          Chef d’établissement coordinateur